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En guise d’introduction : Pourquoi Nesles est-il un village si attachant ?

Quand on se penche, si peu que ce soit, sur l’histoire de notre village au cours des siècles – et tout spécialement au cours des deux derniers siècles (le XIXe et le XXe) – on est immédia­tement frappé par le nombre de personnalités les plus diverses qui l’ont fréquenté. Bien sûr, auprès des familles dont on retrouve le patronyme pendant plusieurs dizaines d’années – les Bazot, Partois, Lefèvre, Noël, Caffin, Pochard, Mangin, Bertheuil et tant d’autres – il y a la foule des villégiaturants parisiens anonymes qui y sont venus sans cesse plus nombreux (on les a quelquefois appelés « les Indiens ») Et ils aimaient tant y séjourner que plusieurs d’entre eux choisirent d’y reposer pour toujours. C’est ainsi que Nesles a été fréquenté par nombre d’artistes : peintres, dessinateurs, graveurs, écrivains, musiciens, comédiens, cinéastes, etc., dont la mémoire des hommes, des livres, ou des musées, a conservé la trace avec d’autant plus de facilité qu’ils ont eu plus de notoriété.

La proximité de l’agglomération parisienne, que le progrès des transports individuels ou collectifs a rendu sans cesse plus proche encore, a contribué à ce développement. Ainsi, dès 1868, le baron Haussmann envisageait pour desservir la pharaonique nécropole qu’il projetait d’installer aux environs de Taverny et de Bessancourt une voie ferrée directe vers Valmondois, en évitant le détour par Pontoise. Les événements de 1870 différèrent la mise en service jusqu’en août 1876. Le complément que lui apporta ensuite la ligne de Valmondois à Marines rendait caduc le voyage dans la diligence de L’Isle-Adam, le « coucou » conduit par le cocher Pierrotin, qui mettait cinq heures pour rejoindre Paris, ainsi que Balzac le contait dans son roman, Un Début dans la Vie. Dès 1895, Nesles n’était guère plus qu’à environ cinquante minutes de la gare du Nord. Malgré le progrès, on ne fait pas vraiment mieux de nos jours !…

Cette facilité d’accès encouragea les artistes-peintres à fréquenter les bords de l’Oise, vers L’Isle-Adam et Auvers, en ces lieux où, d’abord avec Corot, Dupré, ou Daubigny, puis plus tard soit autour du Docteur Gachet, avec Cézanne et Van Gogh, soit auprès de Pissarro et de Mürer, le « restaurateur-peintre-littérateur », s’expérimentait une nouvelle manière de peindre les paysages d’île de France, en plein air, sur le motif, grâce aux progrès des couleurs en tubes. Plusieurs pous­sèrent leurs investigations jusqu’à Nesles. Certains ne firent que passer, non sans avoir brossé quelques toiles, comme Victor Vignon et Gustave Loiseau, ou s’y établirent définitivement, tels Femand-Just Quignon ou Pierre Pilon. D’autres enfin, comme les compagnons du « Phalanstère de Nesles » (Chagall, les Delaunay et leurs amis) ne firent que rêver y demeurer.

Le charme et la quiétude des paysages variés qui nous entourent ont fait le reste : humoriste ou écrivain, tels Henriot père et fils, Roland Dorgelès, ou Joseph Delteil, musiciens tels les chefs d’orchestre Eugène Bigot, Charles Münch, ou la claveciniste Pauline Aubert, cinéastes comme Pierre Regamey ou acteurs comme Alice Tissot, fuyant les turbulences de la vie parisienne, tous souhaitaient trouver ici le calme nécessaire à leur respiration intellectuelle ou physique.

Ils ont aimé

Et animé ce village…

Certains d’entre eux pour lesquels les sources sont assez facilement accessibles, ou dont la notoriété est assez grande pour qu’ils aient déjà bénéficié de publications, ont fait l’objet de notices un peu détaillées.

Jean-Pierre Derel
La Mémoire du Temps passé
Journées du Patrimoine
1998 – 2002 – 2003

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